En revanche, cela devient plus compliqué lorsque le rechargement de la batterie entraîne des temps d’attente inutiles. Idéalement, la batterie devrait suffire pour une journée d’utilisation ou pouvoir être rechargée pendant la pause de midi. Si l’on doit attendre qu’une borne de recharge se libère ou recharger la batterie à l’extérieur, cela signifie généralement que le chauffeur doit passer son temps près du véhicule. Selon les besoins et la puissance de la borne de recharge, cela peut prendre une à deux heures. Si le chauffeur doit attendre qu’une borne se libère, ce temps est considéré comme temps de travail. Lorsque ladite borne se libère, il doit veiller à ce que personne d’autre ne prenne sa place. Le temps nécessaire pour démarrer et terminer le processus de recharge est considéré comme temps de travail. Si le processus de chargement ne doit pas être surveillé, il est possible d’estimer sa durée, qui est alors considérée comme du temps de disponibilité. Celui-ci doit être rémunéré ou crédité comme temps de travail. Si le temps nécessaire à la recharge peut être utilisé comme pause utile, par exemple pour se restaurer, le tachygraphe peut également être mis en pause. Cependant, de nombreuses stations de recharge le long de l’autoroute ne disposent pas de possibilités de restauration à proximité. Par conséquent, le temps passé près de ces stations est considéré comme du temps de disponibilité. Ce n’est pas si grave, car le temps de disponibilité est comptabilisé comme pause de conduite. Ceux qui disposent d’un temps de disponibilité suffisant à la place d’une pause de conduite peuvent continuer à rouler après la recharge. Mais attention: le temps passé à attendre pour le compte de l’entreprise doit être rémunéré. Le temps de disponibilité enregistré sur le tachygraphe peut être réclamé juridiquement si nécessaire et il a un effet positif pour le compte salaire.
Si la société de transports a pour principe de ne pas rémunérer les temps de disponibilité, voire d’affirmer «chez nous, il n’y a pas de temps de disponibilité», ces périodes sont considérées comme du temps de travail et doivent donc être enregistrées sur le tachygraphe.
Une entreprise qui utilise des camions électriques sans station de recharge propre et qui ne souhaite pas rémunérer les temps d’attente n’a certainement pas encore fait le calcul du coût de ces temps d’attente. Bloquer un camion plusieurs heures par jour devant une station de recharge n’est rentable ni pour l’entreprise, ni pour le chauffeur. Dans ces conditions, il est compréhensible que certains chauffeurs n’apprécient pas spécialement les camions électriques, surtout s’ils savent à l’avance que leur patron est peu enclin à les payer pour rester à l’arrêt.
Texte: David Piras
Dessin: Trinco
